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Arrivée au Monténégro

Nous quittons la Grèce sous une pluie froide à bord d'un ferry qui nous emmène en Serbie-Montenegro via Bari en Italie. Nous passerons donc une demi-journée en Italie, le temps de manger une pizza et une glace !!! Nous verrons aussi une mama italienne donner à manger à son bébé, une tétine trempée dans la sauce à pizza...
Dans le ferry en partance pour le Monténégro, il n'y a pas foule et le bateau semble assez vieux... Nous discutons beaucoup avec les marins serbes qui plaisantent beaucoup en nous voyant sur Fends La Bise. Vladimir, 26 ans le capitaine du bateau est très interessé par notre projet et nous souhaite bon voyage dans son pays. Le policier serbe nous tamponne nos passeports à l'entrée du ferry.
Nous arrivons donc très tôt à Bar (seul port de Serbie), nous changeons directement d'atmosphère. La ville est envahie de Renault 4 et d'autres petites voitures qui ne passeraient sûrement pas le contrôle technique chez nous. La ville est bien grise mais la falaise derrière se jetant dans la mer est superbe. Nous sommes surpris de voir que les gens utilisent tous l'euro, jugeant leur monnaie (le dinar yougoslave) peu stable...
Bref, nous prenons la route après avoir posté nos cartes postales de Grèce avec un timbre du Monténégro (Collector !)...


    

Le fjord de Kotor

Nous longeons donc la côte du Monténégro qui est superbe, les eaux cristallines de la mer Adriatique reflètent les petits villages médiévaux situés sur des presqu'îles. Il n'y a pas beaucoup de trafic, et les seules voitures qui nous doublent sont des sortes de mini Fiat 500 de marque yougoslave, inconnue chez nous. Après un gros col nous sommes frappés par la beaute du fjord de Kotor (seul fjord en Europe du sud). La vieille ville médiévale est très sympa et il n'y a pas beaucoup de touristes (la Serbie n'a pas l'air d'avoir bonne réputation) et pourtant les gens y sont très accueillants.
Nous suivons ensuite la route du fjord, tombant amoureux des belles maisons en pierre au pied de la falaise (Maud voulait même s'arrêter ici !!)
Sur la route il y a beaucoup plus de vie qu'en Grèce, les vieilles dames transportent du foin sur leur dos, les gens réparent beaucoup leurs voitures sur le bord de la route, les enfants viennent nous parler et regarder le tandem.
Nous prenons ensuite une route dans la forêt pour passer en Croatie, sur le côté nous apercevons l'ancienne route complètement défoncée par la guerre récente. Des panneaux "Danger Mines" bordent la route du no man's land entre les 2 postes de la frontière.


    

Passage en Croatie

Nous sommes accueillis en Croatie par une bonne douche froide (fini le beau temps chaud), nous sommes frappés par de vieux bâtiments sur le côté détruits par la guerre. Ensuite le ton change, nous passons l'aéroport de Dubrovnik et là c'est le choc, belles voitures, camping-cars de touristes, bref cette partie de la Croatie s'est bien remise. La vieille ville de Dubrovnik est superbe et bien restaurée mais trop touristique à notre goût.
Par contre la route côtière est très belle avec des vues plongeantes sur la mer et les îles. Au détour d'un virage, alors que Maud est partie remplir les bidons, Matthieu voit une tête connue courir vers lui en sens inverse, incroyable !!! C'est Mitch un de ses copains d'études venu en vacance en Croatie ! Il vient de nous croiser sur la route et s'est arrêté net en voyant notre remorque si reconnaissable. Nous passerons la soirée avec lui à prendre des nouvelles de France (Car vous vous avez des nouvelles de nous, mais nous, nous n'avons pas beaucoup de nouvelles de vous !!!)


        

Entrée en Bosnie

Sur la carte, nous voyons que la Bosnie Herzégovine est toute proche et que d'y passer ne nous rallongerait pas trop. Décidant qu'il serait dommage de ne pas y passer, nous changeons d'itinéraire plutôt que de longer la trop paisible côte croate.
Alors là c'est le choc ! Déjà vers la frontière du côté croate, on voit beaucoup plus de maisons détruites et des gens plus pauvres que sur la côte (apparemment le développement en Croatie ne touche pas tout le monde). Mais passée la frontière bosniaque, c'est un autre monde : villages rasés à gauche, reconstruits partiellement à droite, voitures d'un autre temps, carcasses de voitures dans les bas-côtés, gens travaillant à la main dans les champs, les mosquées sont aussi de retour nous faisant plutôt croire que nous sommes de retour en Turquie... mais il y a 20 ans.
Les seules choses modernes sont les cimetières qui bordent les routes...


   

A Mostar

L'arrivée à Mostar est incroyable : maisons mitraillées et reconstruites, bâtiments explosés. Nous imaginons sans peine l'état de cette ville il y a 10 ans : un champs de ruines. Maintenant c'est sûr, tout est en reconstruction, la vieille ville a été magnifiquement restaurée ainsi que le pont,s et l'ambiance turque y est de nouveau présente. Le soir nous rencontrons une jeune fille très sympa qui nous aide à trouver un logement. Sur la place beaucoup d'enfants jouent et font du roller, derrière eux des murs criblés de balles et des maisons effondrées, dans les rues on lave les tapis turcs au karcher.
Les gens regardent vers l'avenir mais le passé est lourdement présent. Nous croisons et parlons avec plus d'enfants en une soirée que pendant tout notre séjour en Grèce ! La ville est partagée en 2 par une magnifique rivière de montagne, d'un côté les Musulmans, de l'autre les Croates chrétiens. Autant pendant tout notre voyage, nous avons été touchés par la grandeur et la bonté de l'Homme, autant ici nous sommes choqués par la bêtise de certains hommes qui ont provoqué tant de haine et tant de misère par une guerre inutile.
Dans les rues, des soldats de l'EUFOR (Police européenne) garantissent la sécurité et la reconstruction (que se passerait-il s' ils n'étaient pas là ?).

        

Sur la route de Bosnie

Sortis de Mostar, nous sommes plongés dans une magnifique gorge de montagne. Les paysages sont magnifiques et sauvages. Pas un seul village n'a été épargné par la guerre, les maisons détruites sont partout. Le gens reconstruisent, travaillent dans les champs à la main sans aucune machine (du grand père à la petite fille), coupent du bois pour l'hiver (très rude par ici), les gens n'ont qu'une vache alors que les champs sont immenses. Comme la guerre a été récente, ce sont souvent des maisons en parpaings ou en béton qui ont été détruites laissant des masses grises avec des bouts en fer complètement irrécupérables.
A la sortie d'une ville, nous croisons Erkan, un petit de 10 ans sur son vélo, il aimerait bien essayer le tandem. Cela nous fait trop plaisir de pouvoir faire un petit tour avec lui, d'un coup tous les enfants (on ne pensait pas qu'il y en avait tant) viennent parler avec nous et regarder dans la remorque. Plus tard, nous voyons beaucoup d'enfants sur la route laver les pare-brises des voitures... Les enfants sont vraiment partout sur la route et nous n'avons plus l'impression d'être en Europe. Nous voyons aussi beaucoup de gens se déplaçant en charrette à cheval (l'essence étant trop chère). Les voitures, camions militaires de l'EUFOR et de l'ONU nous font des grands coucous et s'arrêtent souvent pour nous causer (ils ne voient pas beaucoup de touristes en Bosnie et encore moins de vélos).

        

Le retour du froid

La Bosnie est un pays montagneux et couvert de forêts, depuis que nous y sommes la pluie froide nous tombe dessus. Un soir nous campons près d'un village de montagne où un jeune boulanger sympa nous a indiqué un champ. Les gens des maisons alentour semblent très timides et méfiants.
Le matin, la bruine nous réveille et nous repartons nous réchauffer sur Fends La Bise. Un autre soir, nous demandons à camper dans un jardin et Vlad nous installe dans sa maison en construction. Il nous offre de nombreux verres de schnaps (Alcool local qui arrache) pour nous réchauffer. Le soleil fait aussi de belles apparitions nous révélant ce beaux pays, sans clôture, couvert de forêt, dévasté mais retournant lentement à la vie.
Traverser la Bosnie est vraiment inoubliable, petits nous regardions les infos à la TV au chaud dans notre canapé, là nous pouvons vraiment imaginer ce que les gens ont vécu.
Au détour d'un virage, nous tombons sur un camp de réfugiés, à côté, une famille avec 2 enfants est en train de monter une tente de fortune avec des couvertures, image d'un instant qui nous glace le dos...

        

Accueil a Bihac

A Bihac, alors que nous demandons dans la rue un logement bon marché, nous tombons sur Salik. Voyant que la seule auberge de la ville affiche complet, il nous invite à dormir dans son garage. Le soir, nous sommes invités par cette sympathique famille à partager le repas. Ils nous racontent leur vie avant la guerre, heureuse puis tout a coup le chaos. Salik qui doit travailler dans un camp tenu par des Serbes, sa femme toute seule avec ses 2 enfants, humiliée par les soldats qui passent tous les jours devant leurs fenêtres en lui disant qu'il faut qu'elle parte, puis l'abandon de leur maison, l'exil en Allemagne pendant 6 ans, enfin le camp de réfugiés puis enfin le retour dans une nouvelle maison à Bihac. Elle nous explique que la majorité des gens ici qu'ils soient Serbes, Croates ou Musulmans parlent finalement la même langue et ont les mêmes coutumes. Ils regardent vers l'avenir en blâmant les politiques qui ont conduit à la guerre. Leur accueil nous touche et nous quittons cette famille avec le coeur gros.

 
   

Voyager à vélo c'est mieux !


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