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Passage de la douane
Nous
vous avions laissés devant le poste de douane mauritanien,
eh bien ça vaut le coup ! une cabane avec deux douaniers
au milieu du désert. En fait il y en a plusieurs : une pour
le tampon sur le passeport, une pour se faire racketter, une pour
la taxe d'entrée, une pour la taxe d'avoir un grain de beauté
sur le nez. Bref en Afrique, il faut payer à la frontière.
Surtout que le Visa qui coûte normalement 20 euros nous revient
à 50, bonjour le budget !
A peine posé le pied sur le sol mauritanien on nous propose
déjà de nous acheter notre tandem : « Si t'en
a d'autres à vendre reviens ici, je te les achète
tous ». Ici c'est le pays de tous les trafics.
Après 30 km de piste exécrable, nous la quittons enfin
pour un goudron tout neuf qui est le début de la future route
Nouhadibou-Nouackchott.
Premières
impressions mauritaniennes
Nous
arrivons à Nouhadibou capitale économique de la Mauritanie,
à défaut d'une ville nous tombons dans un gigantesque
bidonville, les chèvres mangent les poubelles, des carcasses
de voiture roulent sur la route, c'est vraiment ici le choc de l'Afrique.
Nous tombons dans une sorte d'auberge-camping avec beaucoup de blattes
mais c'est sympa quand même. Nous rencontrons beaucoup de
routards qui se retrouvent ici et c'est très enrichissant
d'échanger nos expériences.
Le soir première partie de foot pour Maud, avec les enfants.
Comme ils ne sont pas nombreux ils jouent à attaque attaque,
chaque joueur a son propre but d'environ 70 cm, on délimite
un cercle plus ou moins grand selon le nombre de joueurs, on place
chacun son but à environ la même distance les uns des
autres et le long du cercle. Puis on commence la partie, c'est chacun
pour soit, le but est de piquer la balle àcelui qui la possède
et de marquer dans le but que l'on veut. Sinon ce sont les mêmes
règles que le foot.
Le
train minéralier
Nouadhibou
est un cul de sac situé sur une presqu'île. Aucune
route ne la relie encore au reste du pays. La seule solution est
donc de prendre le train minéralier.
Kesako ? C'est en fait le train le plus long et le plus lent au
monde, il achemine le minerai de fer des mines de Zouerate en plein
coeur du Sahara jusqu'au port de Nouhadibou.
Nous arrivons à la gare (maison en ruines au bord de la voie
ferrée) en tout début d'après-midi. Nous sommes
avec Christophe, un Breton à vélo, rencontré
sur place, ainsi que Jeremy, Jean Luc et Denis trois autres voyageurs.
Au début la voie est vide puis au fur et à mesure,
les gens arrivent avec tout et n'importe quoi : des bidons d'essence,
des chèvres, des caisses d'oignons, des marchandises. Tous
les gens se pressent sur le bord de la voie. Puis tout à
coup. Braaaaaoum, le bruit est assourdissant, le train approche,
ce mastodonte de fer et d'acier mesure plus de 2 kilomètres,
chaque wagon pèse plus d'une tonne. Il y a en fait deux wagons-voyageurs
seulement, le reste est constitué de wagonnets remplis de
poussière du minerai précédemment déposé.
Les wagons-voyageurs sont sales et puants et en plus bien remplis,
on décide donc de monter dans un wagonnet, et hop c'est parti
pour le chargement d'un tandem, d'un vélo, d'une remorque
et de plusieurs sacs à dos, heureusement nous sommes nombreux,
car seuls ça aurait été très dur.
Le voyage est « incroyable » c'est en effet très
dur d'expliquer ce qu'on a vécu, le wagonnet remue dans tous
les sens, lorsque le train freine nous entendons la détonation
bien avant (comme le train est très long), alors nous nous
cramponnons tous. Quand le train roule, des nuages de poussière
et de sable nous entourent, il faut s'entourer le visage de nos
chèches et mettre des lunettes. Le train met 15 heures pour
relier Nouhadibou à Choum (450km pourtant !) A la fin du
voyage, on croirait que Fends La Bise a passé 50 ans dans
un grenier !!! Il faut penser que des gens voyagent dans ce train
trois fois par semaine et que certains montent sur les wagonnets
remplis de minerai (encore plus de poussière). C'était
vraiment une expérience unique, le fait que nous ayons été
plusieurs nous a permis de mieux supporter le voyage. A cinq dans
un wagon on se serre les coudes.
A
13 dans un 4x4
Lorsque
le train s'arrête, il reste 150 km pour rejoindre Atar et
la route goudronnée. Le train stoppe en plein désert
(Ensuite il lui faut encore 5 heures pour rejoindre la mine). Il
faut vite décharger le tandem du wagon en plein milieu de
la nuit glaciale alors que nous nous sentons crasseux comme jamais.
Nous sommes donc obligés de trouver un transport pour Atar,
beaucoup essayent de nous arnaquer en proposant des prix énormes.
Nous trouvons finalement un 4x4 déjà rempli par une
famille sénégalaise qui était dans le wagon
voyageur. Le chauffeur nous dit : « C'est bon il y a encore
de la place », il faut s'imaginer le Land Rover rempli au
max avec 11 personnes à l'intérieur serrés
comme des sardines, et il faut encore mettre le tandem et la remorque
sur le toit, c'est dingue !!! Surtout qu'ils voulaient les mettre
n'importe comment, Maud prend les choses en main et réorganise
tous les bagages sur le toit pour qu'il y ait de la place.
Ce qui est génial c'est que pendant tout ce temps, les gens
déjà installés (peu confortablement) dans le
4x4, au lieu de râler, chantent et rigolent. C'est vraiment
un autre monde !
Nous passons donc encore 7 heures entassés (le 4x4 s'arrête
deux fois car l'amortisseur sort de ses gonds !) pour finalement
rejoindre Atar. Nous découvrons la bonne humeur des gens
avec lesquels nous essayons de plus ou moins dormir. Arrivés
à Atar nous sommes lessivés, nous remontons la remorque
sur le tandem et essayons de trouver un endroit pour dormir.
La
piste en tandem
Nous
atterrissons dans une auberge camping tenue par un couple germano-hollandais,
en plus ils font des réducs pour les cyclistes (c'est sûr,
il n'y en a pas beaucoup qui viennent jusqu'ici). Nous souhaitons
rejoindre Chingetti au coeur du désert, mais la piste est
difficile, alors nous décidons de laisser notre remorque
à l'auberge (Nous sommes obligés de repasser à
Atar au retour) et de charger « Fends La Bise » au minimum
pour être les plus légers possibles.
Nous nous élançons donc ensuite pour la piste traversant
le massif de l'Adrar (les côtes les plus dures jamais montées),
nous bivouaquons devant la passe d'Amogjar et les restes du Fort
Sagane, c'est magnifique.
Nous découvrons les peintures rupestres témoignant
qu'au Néolithique le Sahara était couvert de rivières,
de forêts et d'animaux.
Puis après ces durs kilomètres de piste avec vent
dans le nez nous voyons apparaître au loin les dunes et Chingetti.
Chingetti
ou la ville envahie par les sables
Chingetti
était autrefois une ville importante sur le chemin des caravanes.
La ville ancienne est désormais sous le sable. En effet le
désert avance, jour après jour, mois après
mois, il gagne sur l'homme et la ville est condamnée à
disparaître sous le sable.
Ce qui est dur c'est que les gens sont plutôt résignés
« C'est la volonté d'Allah » comme ils disent,
alors qu'il existe des solutions pour empêcher les dunes d'avancer,
testées avec succès au Moyen-Orient.
Le silence qui règne dans les dunes environnantes est magique
et seul le bruit du vent et des grognements de dromadaires vient
le rompre.
Visite
de l'école d'Atar
Par
pur hasard, nous rencontrons Alioune instituteur à l'école
n°3 d'Atar. Nous lui parlons de notre projet et c'est donc très
chaleureusement qu'il nous invite à visiter l'école.
Dans les classes nous voyons tout de suite les filles d'un côté,
les garçons de l'autre mais au moins ils sont ensemble.
Les élèves scolarisés ont l'air très
bien mais le problème c'est que beaucoup d'enfants ne vont
pas à l'école.
Nous récoltons aussi des dessins de ces enfants pour l'UNICEF
mais les petits Mauritaniens font preuve de beaucoup moins d'imagination
que les petits Marocains (souvent des copies de livres d'école
...).
Malades
ensemble
Une
nuit nous découvrons que nous sommes tous les deux mal en
point. Maud ne peut plus rien boire ni manger sans tout redonner
et Matthieu n'est pas au plus haut de sa forme. Heureusement la
trousse de pharmacie d'Isabelle est là, on teste beaucoup
de médicaments. On apprend qu'on peut facilement perdre des
jours en étant malade. Mais nous sommes sur la voie de la
guérison, don't worry !
Demain on redécolle !
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