Week
End au lac Natron
Ce
week end, nous partons vers le sud, direction le lac Natron et la Tanzanie.
Nous quittons le climat agréable des 1700 m de Nairobi pour plonger
dans la Rift Valley méridionale et redescendre dans la fournaise à
600 m d'altitude. La route est encore une fois magnifique et en plus déserte
ce qui ne gâche rien !
En
territoire masai
Nous
arrivons au pays des masais, ces fiers guerriers mais aussi pasteurs n'ont
pas abandonné leurs traditions et leur tenue rouge vif ou orange, avec
leurs oreilles percées et allongées et couverts de bijoux, on
les reconnaît de loin. Ils nous saluent chaleureusement et beaucoup
nous font un signe avec la main du bas vers le haut dont nous comprendrons
plus tard la signification. Nous passons près d'un site préhistorique
Olorguesailee, il n'y a pas grand chose à voir mais nous voyons quelques
fossiles d'homo abilis et d'australopithèques, c'est quand même
le berceau de l'humanité ici !!!
Arrivée
à Magadi
Nous
continuons la route, toujours vers le sud et en descente, le soleil devenant
de plus en plus chaud. Magadi est une ville étrange où l'ensemble
de la population travaille dans l'usine d'extraction de sodium du lac. Les
ouvriers cotoient les masais dont certains ont adopté la tenue occidentale
mais gardé les oreilles percées. A 2km de la ville, nous nous
arrêtons prendre une photo, une vieille dame masai marche à notre
hauteur, elle vient nous voir et nous montre la voiture et dit "Magadi",
nous comprenons vite qu'elle veut se reposer les guibolles. En voiture s'il
vous plait ! Après avoir essayé de mettre la ceinture dans tous
les sens, nous parvenons à décoller. Nous la laissons devant
la station essence devant les regards amusés des autochtones. Un masai
nous expliquera qu'il est rare que les Muzungus (les blancs) les prennent
en stop... dommage, en effet ça enlève de chouettes rencontres.
Il nous expliquera aussi que le signe des mains signifie une demande de stop
!!! Nous décidons alors de redresser l'image des Muzungus, ce week
end, ce sera stop pour tout le monde. Les masais marchent des kilomètres
et des kilomètres chaque jours pour aller de villages en villages et
garder leurs troupeaux.
Deuxième
autostoppeuse
à
10 km de Magadi, nous arrivons à la hauteur d'une jeune fille qui marche
avec un baluchon mais sans eau. on lui demande où elle va : "je
vais au village d'Ouleika répond elle". En deux temps trois mouvements,
la voici à l'arrière de titine. Elle s'appelle Suzan et appartient
à la tribu des kambas, elle ne connait pas du tout ce coin, mais on
lui a dit qu'à Ouleika, elle pourait trouver du travail, alors elle
veut y aller. Nous admirons ensembles nos premiers flaments roses.
Arrivés à Ouleika, il n'a vraiment pas grand chose, un jeune
du village vient accueillir Suzan, apparemment elle aura un endroit ou dormir
ce soir, pour le travail, on ne sait pas.
Dans
la savane
Nous
quittons l'environnement sec du lac Magadi pour nous enfoncer dans une savane
bien verte où la piste est peu visible. Au loin, le volcan Shompole
marque la frontière avec la Tanzanie. Mais pour les masais, il n'y
a pas de frontières bien sûr, et ce sont des cousins qui habitent
de part et d'autre. Des troupeaux de zèbres à droite, de gnous
à gauche, c'est vraiment extraordinaire. Shompole est un village entièrement
masai, il y a une école et deux épiceries. Nous continuons la
route le loong d'une rivière boueuse puis nous arrivons au bout de
la piste, devant nous un chemin pierreux monte...
Le
lac Natron
Nous
descendons de voiture pour effectuer une reconnaissance et voir si nous pourrons
passer sur la piste difficile. En haut de la colline, la vue est splendide,
le lac est bien sec mais nous distinguons quand même l'eau et les flamants
au loin. Nous redescendons, en bas deux jeunes masais nous attendent, Maud
prend le plus petit en stop pendant que j'ouvre la piste avec l'autre. Nous
dégageons les plus grosses pierres et les branchages, après
quelques passages tendus, nous y voilà, nous sommes sur le lac Natron,
en Tanzanie. On laisse les deux jeunes et on continue sur cette étendue
de sel à perte de vue. Il faut faire attention aux ruisseaux qui peuvent
enliser Titine en un clin d'oeil. Quand ça devient boueux, nous continuons
à pieds, pour voir nos amis les flamants roses. Des groupes de masais
viennent nous voir et nous dire bonjour, ils veulent surtout savoir si nous
avons de l'eau. Ici c'est la sècheresse, et ils doivent aller à
Shompole (20km) tous les jours à pieds pour y chercher un peu d'eau.
Nous prenons conscience qu'avec nos deux gros bidons d'eau nous sommes bien
riches, surtout qu'une partie devait servir pour la toilette et la vaisselle,
nous nous sentons un peu mal à l'aise... D'autres masais alertés
par la distribution d'eau accourent et il faut rationner pour faire boire
tout le monde. C'est très impressionant de voir les petits enfants
contents comme tout de boire. Une vieille dame masai nous explique que leur
source est à sec et que l'eau du lac n'est pas bonne. Nous decidons
donc de ne pas camper dans leur village.
Le
campement
Nous
quittons les masais et nous dirigeons vers une rive verte du lac pour y planter
la tente. Il fait très lourd et les moucherons nous tournent autour.
Le soir l'orage s'élève mais malheureusement, il ne pleut pas.
Nous mettrons beaucoup de temps avant de nous endormir dans cette atmosphère
étouffante. Le tonnerre gronde. Le lendemain matin, un groupe de 3
masais, nous attend au réveil ( avec notre expérience du tour
du monde l'inverse nous aurait étonné). Nous connaissons un
des trois, nous partageons notre petit dej avec eux et l'eau qui nous reste.
Puis au moment de lever le camp, les deux masais que nous ne connaissons pas
nous demandent si on peut les emmener à Shompolo. Pas de problèmes
et hop voici nos prochains autostoppeurs.
Le
masai en costume
Nos
masais déposés, nous continuons la route. A Ouleika, nous croisons
Ezechiel, un masai en veston qui nous demande "a lift" pour rejoindre
Magadi. Et c'est parti pour notre 5ème stoppeur. Sur la route il nous
emmène voire des sources chaudes très belles, il se baignera
même dedans mais c'est trop chaud pour nous, surtout que dehors il fait
déjà bien chaud. Ezechiel parle bien anglais et nous explique
plein de choses sur les Masais. Le coup des oreilles, à 10 ans les
enfants se font l'entaille pour devenir des hommes mais dit-il, la tradition
se perd un peu, en se moquant des 2 jeunes à coté de nous qui
ne l'ont pas fait. Lui, il travaille à Magadi, mais rentre tous les
soirs dans son village Shompolo. de retour à Magadi, nous prenons une
autre piste pour gagner l'autre rive du lac. Nous prenons un 6ème lascar
et on continue. Magnifique vue sur le lac, nous prenons conscience des magnifiques
paysages sauvages qui nous entourent.
Le
retour
En
début d'après midi, de retour à Magadi, j'achète
une machette de Masai. Le fourreau est fait en bois léger et recouvert
de boyau de chèvre. Puis nous prenons 3 autostoppeurs qui habitent
des villages sur la route de Nairobi. La voiture aura du mal dans les côtes
mais c'est si convivial de prendre des masais en stop. A 40 km de Nairobi,
nous croiserons un groupe de dromadaires, certains masais les élèvent
aussi. Enfin, c'est le retour dans le bronx de Nairobi, nous avons du mal
à réaliser tout ce que nous avons vécu en si peu de temps.
Nous gardons de ces deux jours un bel échange avec ce peuple chaleureux.